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Cette section Articles vous propose des articles
intéressants sur la PNL et d'autres sujets s'y rapportant. Vous
y trouverez tous les articles de nos Communiqués du mois
passés ainsi que d'autres que nous jugeons pertinents de vous
transmettre.
J’observe dans ma pratique en cabinet privé que les clients qui viennent me consulter se classent en deux groupes : ceux qui savent ce qu’ils veulent mais ne savent pas comment y arriver, et ceux, plus nombreux, qui savent ce qu’ils ne veulent plus. Ils peuvent d’ailleurs en parler abondamment. Mais lorsque je leur demande ce qu’ils veulent, il n’est pas rare de les entendre répondre « Ça c’est une bonne question ! Je n’y ai jamais pensé! » Amener le client à formuler des objectifs clairs est la première étape du processus de changement. Pour ce faire, j’aime beaucoup me servir d’un outil que j’ai élaboré depuis quelques années. À la fin de la première rencontre, je donne une tâche au client. Je lui demande de faire un cercle au milieu d’une feuille de papier et d’écrire en dehors du cercle ce qu’il ne veut plus dans sa vie ou dans son comportement. Et pour chaque chose qu’il aura mentionnée, d’écrire à l’intérieur du cercle ce qu’il veut à la place, de façon précise. Je lui demande aussi d’apporter son cercle, que nous regarderons ensemble lors de la deuxième rencontre. En donnant cette tâche, je peux donner des exemples. Si quelqu’un ne veut plus être malheureux au travail, il inscrit cela à l’extérieur du cercle. Mais que veut-il à la place? Trouver défi et plaisir à son emploi actuel, changer de travail au sein de l’entreprise, changer d’employeur, réorienter sa carrière, etc. Une cliente qui ne veut plus souffrir des critiques de son conjoint veut-elle apprendre à faire face à la situation ou se séparer? C’est à elle de décider. Lorsque le client revient avec le travail qu’il a fait, je prends en note ce qu’il a écrit - l’état problème à l’extérieur du cercle et l’état désiré dans le cercle. Il conserve sa feuille, je lui prête un crayon et nous travaillons ensemble à établir ce qu’il veut et à le formuler en objectifs précis, concrets, observables, réalisables pour lui, en son pouvoir. Cette façon de procéder permet au client d’avoir un support visuel lorsque nous travaillons. Et me permet, pour ma part, d’observer les processus de pensée de la personne et certains métaprogrammes. Utilise-t-elle un langage général ou bien entre-t-elle dans les détails ? Est-elle plus centrée sur ce qu’elle veut ou sur ce qu’elle ne veut pas ? Va-t-elle parler d’action ou d’état d’âme ? Va-t-elle faire plusieurs cercles d’objectifs, selon les secteurs de sa vie, ou bien un seul ? Le travail fait est-il un brouillon ou un travail soigné, artistique même ? Va-t-elle suivre les consignes ? Certaines personnes vont faire deux colonnes plutôt qu’un cercle, d’autres vont choisir un coeur ou une étoile... Ce travail de précision des objectifs à l’aide du « cercle d’objectifs » me permet de faire prendre conscience à mon client de l’importance d’utiliser le langage positif. L’inconscient ne comprend pas la négation. Ainsi, la personne peut écrire à l’extérieur du cercle qu’elle ne veut plus être malade et inscrire dans le cercle que ce qu’elle veut c’est « ne plus faire de crises de panique ». Je lui dis : « Les crises de panique tu ne les veux plus, donc on les inscrit en dehors du cercle. Que veux-tu à la place ? » C’est à elle de déterminer le calme, la confiance ou la bonne respiration qu’elle désire. Lorsque l’on emploie les mots « ne... pas », le conscient sait ce qu’ils signifient mais l’inconscient, lui, ne peut pas les saisir. Si quelqu’un se dit: « Je ne veux plus de maladie », il a une intention positive mais cette personne se joue un tour, car son inconscient enregistre seulement les mots « veux » et « maladie ». Or le mot « maladie » évoque des représentations internes qui sont différentes de celles qu’éveille le mot « santé ». Dans un cas, je vois un lit d’hôpital ou des bouteilles de médicaments, j’entends mon médecin me dire « injection », je ressens des crampes, alors que dans l’autre je m’imagine en vélo, je m’entends dire « j’ai le goût de danser ce soir », je sens mon énergie. L’inconscient fonctionne comme un ordinateur. On ne peut pas le programmer à ne pas utiliser les caractères script ; on ne peut le programmer qu’à utiliser tel autre caractère bien précis. L’utilisation des bons mots permet une centration de toute la personne sur les objectifs à atteindre. À la fin de la deuxième rencontre, je donne une nouvelle tâche au client : réécrire au propre son cercle d’objectifs, si trop de corrections ont été effectuées. Puis, découper le cercle et détruire ce qu’il ne veut pas, donc tout ce qui se trouve à l’extérieur du cercle. Je recommande au client de ne garder que le cercle où sont inscrits ses objectifs. Le cercle est un symbole puissant de réalisation du soi, d’unité et de totalité, selon Jung. C’est un symbole de soleil, de lumière, de cible, de point à atteindre. Trop souvent la pensée du client se trouve à l’extérieur du cercle et alimente les difficultés et les situations qu’il veut éviter. Découper le cercle et ne garder que cette cible lui permet de rester centré sur ses objectifs. Je suggère ensuite au client de découper un deuxième cercle, souvent plus grand, dans un carton. Il pourra illustrer ses objectifs sur ce deuxième cercle. Il peut le faire à l’aide de dessins, de photos, d’images découpées dans des revues, etc. Ces images, réalistes ou symboliques, peuvent représenter la sérénité ou la paix intérieure à laquelle la personne aspire, la santé, le climat familial harmonieux ou tout autre objectif poursuivi. Par exemple, la paix intérieure peut Il est important d’installer ensuite ce cercle d’images dans un endroit de la maison (ou de son lieu de travail) où on le verra souvent : porte du réfrigérateur, voiture, agenda ou tiroir de sous-vêtements, selon la discrétion souhaitée. On peut donner comme explication aux curieux: « Ce lac... je trouve ça très beau. C’est pour ça que je l’ai mis sur le mur ! » Le cercle d’objectifs, ainsi illustré, est un rappel de la direction que l’on a prise. Et cela permet aussi de vivre déjà un peu de cette sérénité, de se sentir apaisé quelques instants à la vue de ce lac calme... Il m’arrive souvent de comparer ce travail au projet d’un voyage. Que fait-on lorsqu’on décide d’aller passer deux semaines dans le Sud l’hiver ? On se rend à l’agence de voyage chercher des brochures. On ne prend pas celles de l’Europe mais on choisit les destinations soleil : Mexique, Cuba, Guadeloupe. On se renseigne, on se documente. Veut-on faire de la plongée en apnée ? Voir des oiseaux tropicaux ou des ruines mayas ? Se reposer ou bien danser tous les soirs ? En précisant ce que l’on veut faire et vivre en vacances, il est plus facile de choisir la destination, le forfait ou l’hôtel qui nous convient. Et là, on scrute les photos : gros hôtel luxueux ou petite maison le long de la plage. On se voit déjà les orteils dans le sable, on a un goût de rhum dans la bouche, on sent la chaleur... On est là-bas... On a beaucoup plus de chance de vivre de telles vacances si on y rêve, si on y pense, si on s’y prépare. Beaucoup plus que si notre énergie passe à dire à tout le monde combien on déteste l’hiver, comme il fait froid cette année ou que l’on compile les statistiques sur les précipitations. Le cercle d’objectifs permet un travail au niveau des représentations internes que le client se fait des objectifs qu’il veut réaliser : représentations visuelles, auditives et kinesthésiques. Du point de vue visuel, il est important de vérifier comment le client se voit dans le futur : bien dans sa peau, vivant l’objectif de santé qu’il s’est fixé, en train de faire des activités qu’il ne peut accomplir actuellement. Est-ce que les images de sa guérison sont belles et attirantes ? Du point de vue auditif, on doit s’assurer que le client se dit des mots stimulants, des phrases formulées de façon positive, suscitant une motivation, un espoir. Du point de vue kinesthésique, il est souhaitable de questionner le client sur ce qu’il ressent : énergie, certitude de s’en sortir, confiance, goût d’aller de l’avant. Autant de sensations qui vont l’aider à réaliser les changements souhaités. Cet outil clinique a l’avantage d’être concret et d’être utilisé à la fois pendant les rencontres, comme tâches entre les rendez-vous et comme aide-mémoire par la suite. Il est assez simple pour que le client puisse le faire à nouveau pour différents objectifs à atteindre. Cet outil peut s’appliquer dans une multitude de situations. Certains clients l’ont utilisé avec leurs enfants, pour déterminer des objectifs de famille. D’autres en font un nouveau à chaque début d’année. J’ai moi-même fait, avec mon conjoint, un tel cercle illustrant la maison de nos rêves, photos du genre de maison, de l’environnement, de la localisation, du prix que l’on voulait payer, etc., en se disant: « c’est ce que l’on veut... ou mieux. » Et nous avons trouvé, au bon moment, cette maison rêvée, rencontrant toutes nos exigences, à 500 $ près du prix que l’on avait inscrit dans notre cercle d’objectifs ! Vous êtes sceptique ? Alors faites-le... vous verrez !
Il était une fois une princesse qui, comme toutes les vraies princesses, vivait dans un château. Mais là s'arrête la ressemblance. Le château de la princesse était sombre, humide et mourant. Depuis plusieurs années déjà, la princesse vivait dans la grisaille d'un interminable automne sans éclat, sans lustre. Seule la pluie, lourde et monotone, visitait parfois son royaume. Il faut dire qu'il n’en avait pas toujours été ainsi. Du moins la princesse croyait-elle se souvenir d'une époque lointaine où la pluie était une visiteuse agréable, enjouée, qu’elle accueillait avec plaisir. Elle adoucissait la hardiesse du soleil ; elle caressait de sa fraîche écharpe le visage brûlant de son enfance. Parfois même, dans les nuits noires sans étoiles, la pluie martelait une envoûtante chanson contre les murs et le toit du château. En ce temps-là, les saisons elles-mêmes alternaient. Chacune demeurait juste le temps qu'il fallait pour qu'elle en jouisse pleinement, et chacune poursuivait sa route avant qu'elle ne la trouve trop longue. Mais un matin, à son réveil, la princesse sentit que quelque chose avait changé. Le soleil avait abandonné le château. L'automne s'était installé, sans fin, un automne gris qui ne laissait même plus espérer l'hiver. Tout avait commencé le jour où le ruisseau se tut, ne sachant plus rire, l'ayant, semble-t-il, oublié. Sans que personne n'y puisse rien, sans même que personne ne s'en aperçoive, le ruisseau était tombé gravement malade. Certes, au tout début, la princesse avait remarqué qu’il coulait moins rapidement. Cette année-là, le printemps ne l’avait pas gonflé, comme à l’accoutumée... Mais ça s’arrangerait bien tout seul. Après tout, c’est une chose qui arrive, dans la vie d’un ruisseau. Or, cet été-là, les arbres qui habitaient son rivage n'abritèrent que quelques rares oiseaux de passage. Les abords du ruisseau se firent de plus en plus silencieux. Peu d'arbres survécurent à l’hiver glacial qui suivit. Au printemps, le ruisseau refusait de quitter son lit. C'est à peine si son dos frissonnait lorsqu'un vent perdu, ou plus aventureux, arrêtait le saluer. Et maintenant, il n'était plus qu'un mince et faible cours d'eau boueux, dans lequel ne vivait aucun poisson. Le plus étrange, c’est que la princesse se mit à dépérir en même temps que son ruisseau. Tout d'abord, discrètement, imperceptiblement. Puis, leur sort ne fit plus qu'un. Les premiers temps, dès qu'elle en avait le loisir, elle soignait son ruisseau. Elle nettoyait ses rives, enlevait les obstacles sur son chemin, creusait son lit. Elle s'était même fâchée contre lui, et l'avait sermonné, longuement. En vain. Le temps passait. La princesse pâlissait et perdait son éclat. Elle ne savait plus rire, ni chanter. Elle comprit alors que, comme son ruisseau, elle aussi était malade, et qu'elle se mourait. Elle vint alors de plus en plus souvent tenir compagnie à son ruisseau, s'asseoir sur ses bords, marcher à ses côtés. Elle écoutait sa plainte, et y reconnaissait l'écho d’une douleur qui surgissait en elle. Elle apprit ainsi que son ruisseau était tombé malade à la suite d'une entente intervenue entre elle et son voisin, le roi. Pour protéger ses terres des crues imprévisibles et dévastatrices du ruisseau, le roi avait érigé une muraille entre leurs deux royaumes. Ni le roi ni la princesse n'avaient prévu que, mystérieusement, le ruisseau ne trouverait d'autre lieu où déverser ses eaux. Faute de cet espace vital, il avait réprimé ses élans. Mais depuis, il dépérissait de ne pas couler librement. Après cette découverte, la princesse alla trouver le roi, et le mit au courant de la situation. Le roi, qui affectionnait la princesse, vit tout de suite que quelque chose n'allait pas. La princesse avait maigri. Quelque mal intérieur semblait la ronger, et la vidait de ses forces. Mais que faire? Il n’était plus possible de laisser le ruisseau courir à sa guise, et dévaster ses terres. Pas question, non plus, de laisser mourir la princesse et son ruisseau. Le roi était un homme très bon. Il promit d'y réfléchir, très sérieusement, et de demander leur avis à ses conseillers. La princesse savait qu'elle pouvait compter sur lui. Elle retourna chez elle, le coeur un peu moins lourd. Quelques jours plus tard, le roi vint visiter la princesse, et lui soumit son projet. Si le ruisseau acceptait de contenir ses crues, le roi ouvrirait une brèche dans la muraille, et il lui accorderait un droit de passage sur ses terres. Mais finis les débordements, les sursauts d'impétuosité qui saccageaient tout ! Le ruisseau devrait accepter de couler paisiblement sur les terres du roi, sans quitter le sentier qu'il lui aménagerait. Évidemment, hors de ses terres, il pourrait agir comme bon lui semblerait. Le projet plut à la princesse. Oh, ce ne serait pas la vie insouciante et libre dont un ruisseau pouvait rêver ! Mais au moins son ruisseau aurait l'occasion de reprendre vie, de revoir d’autres cieux. Peut-être même le soleil reviendrait-il alors dans son royaume ? Et qui sait ? Au-delà des terres du roi, une nouvelle vie attendait peut-être le ruisseau, et compenserait les sacrifices auxquels elle lui demanderait de consentir, pour garantir leur survie... Le ruisseau promit de se soumettre, et de respecter les conditions du roi. Et il se mit à espérer. Et la princesse reprenait vie, en même temps que son ruisseau. Déjà les couleurs refaisaient surface sur son visage. Elle se promenait très souvent avec son ruisseau, et tous deux rêvaient de journées ensoleillées, d'eau limpide, de cascades joyeuses. Vint enfin le grand jour. Une fois terminée l'aménagement du sillon qui traversait ses terres, le roi creusa une ouverture dans la muraille. Lentement, le ruisseau gonflait ses eaux. A l'invitation du roi et de la princesse, il s'engageait dans la fente. L'espace, les champs, le soleil, les oiseaux, le sable : une nouvelle vie l'attendait de l'autre côté du mur, qui l'attirait profondément. Après tout, couler, c'est toute la vie d'un ruisseau ! Il se lova un long moment dans la chaleur des roches, et s'ouvrit à la lumière depuis longtemps perdue. Mais, au-delà de la muraille, le ruisseau ne sentit pas la terre fraîche qu'il convoitait. De l'autre côté du mur, son eau était recueillie dans un sillon froid, dur, et lisse: le sillon était en ciment. Et c'est ainsi que le ruisseau devint canal... Mais où était le contact vivifiant avec la terre ? Sans roches à contourner, sans racines à abreuver, sans sable à transporter, sans poisson à nourrir, que vaut la vie d'un ruisseau ? Un ruisseau qui n’irrigue aucun sol, est une eau inutile, et morte. Et le ruisseau qui avait espéré revivre, sentait sourdre en lui un désespoir sans fond. Il réprima facilement les premiers sursauts de révolte. Ce n'était pas par méchanceté que le roi l'avait condamné à vivre enfermé dans ce canal de ciment. Il lui faudrait en prendre son parti. Le roi était bon, et il n'avait pu faire autrement. En effet, le royaume du roi était une terre hospitalière. Le soleil y régnait sans tyrannie, les nuits y étaient agréables, et les saisons clémentes. Tout y était prévu, ordonné, agencé avec goût. Le désordre y avait une place, et avait été intégré à l'ensemble de façon harmonieuse. Même le caprice y était organisé de belle façon. Quant au roi, c'était un homme juste, qui était fort apprécié de tous. Il était simple, avec grands et petits, et semblait infatigable à la tâche. Ses journées étaient occupées à l'administration de ses terres et de ses gens. Toujours présent et disponible, il conseillait avec douceur ceux qui venaient à lui. Tous savaient que leur roi était prêt à leur venir en aide, et qu'il trancherait leurs différents avec équité. Il se promenait avec fierté sur ses terres, et son regard était bienveillant. Calme, paisible, souvent enjoué, il régnait sur son royaume depuis longtemps, et tous répétaient que jamais royaume n'avait eu meilleur roi. Et pourtant... Une longue habitude du royaume laissait deviner d'imperceptibles nuages. Sans que personne n'y puisse rien, dans ce royaume fait d'ordre et d'équilibre, où tous avaient suffisamment pour être heureux, ni le roi ni ses sujets n’étaient vraiment comblés. Il y manquait quelque chose. Parfois, le roi paraissait inquiet, triste, songeur. Plus que tous les autres, il ressentait profondément ce malaise sourd et sans raison qui fondait sur tous, certains jours où pourtant le soleil était radieux, et où le vent soufflait paisiblement sur les champs toujours fertiles. Mais peut-être était-ce là la condition normale de tous les royaumes. Personne ne s’en plaignait vraiment. Il en avait toujours été ainsi, de mémoire d'homme. Et comme la vie était tout de même fort agréable dans le royaume, chacun haussait finalement les épaules. Seul le roi s'inquiétait, et semblait miné... Quelques années plus tôt, le ruisseau avait été à l'origine de nombreux ennuis, par ses sursauts et ses débordements imprévus. Or, sur les terres du roi, il ne manquait jamais d'eau, car le roi commandait à toute l'eau de son royaume. Il avait apprivoisé les rivières, et les sources ne coulaient que pour répondre aux besoins du moment. Seul le ruisseau était demeuré indomptable. Et les terres du roi n’avaient nul besoin de ce surplus d'eau, qui n’apportait qu'inondation et dégâts. Et la princesse se maquillait, pour cacher sa pâleur. Comme son ruisseau, elle survivait, mais sans élan. Elle ne pouvait demander davantage au roi. Que lui demander, d'ailleurs ? Malgré son empire sur les eaux de son royaume, il ignorait tout des ruisseaux. Surtout qu'ils sont vivants... Il avait, malgré cela, accordé asile à son ruisseau, et avait creusé pour lui ce sillon. Ce n'était pas de sa faute si le ruisseau se sentait emprisonné dans les limites qui lui étaient fixées. Que pouvait faire le roi d'un ruisseau qui, non content de couler sous le soleil, exigeait d'être utile, et rêvait de devenir eau vive ? Le soir, la princesse écoutait silencieusement la complainte de son ruisseau, lorsque seules la lune et les étoiles partageaient sa peine. Et c'était pour elle une torture de ne pouvoir le soulager. Un jour qu'elle était triste, affligée et accablée de la souffrance de son ruisseau, la princesse alla se promener sur les terres du roi. Elle s'engagea au hasard dans un chemin qu'elle ne connaissait pas, et marcha longuement. Perdue dans sa douleur, elle avançait sans regarder, sans voir où elle allait. Lorsque son chemin se fit trop difficile, elle réalisa à sa grande surprise qu'elle était dans une forêt sombre, sauvage, où elle ne progressait qu'avec peine. Avait-elle quitté les terres du roi ? Jamais personne ne lui avait parlé de cette forêt non entretenue. Il était impensable qu'un tel lieu pût encore exister, dans le royaume de son voisin. À force d'efforts patients et tenaces, la princesse traversa la forêt et déboucha sur une clairière aride, désertique. À perte de vue, il n'y avait que terre morte, où ne soufflait aucun vent, où rien ne poussait. Le soleil y brûlait tout. Quelques rivières avaient déjà vécu, ici : les cadavres depuis longtemps desséchés de leurs lits en témoignaient. Mais plus rien ne survivait, maintenant. C’est alors qu'elle entendit un gémissement sourd. Et elle aperçut son ruisseau. Il s'était fait une route à travers la forêt, et venait inlassablement se jeter sur les bords de ce désert, mince filet d'eau écorché par la chaleur torride, et par le soleil de feu. « Je veux donner vie à cet endroit », lui dit son ruisseau. « Peut-être qu'à la longue, quelque chose naîtra ici, qui réjouira le coeur du roi. Peut-être alors pourra-t-il vraiment m'accueillir. Et moi, je serai enfin un ruisseau vivant, qui porte fruit, qui arrose, qui nourrit... » La princesse le supplia d'abandonner ce lieu où la mort semblait la seule issue. Mais il lui répliqua qu'ici était sa place, et qu'il ne partirait pas. Ici il revivrait, ou il mourrait. Et la princesse dut le laisser. Elle retourna chez elle, attristée de cette tâche impossible qu'il s'était donnée. Elle revint dans son château, et se prépara à accueillir la mort qui lui viendrait en même temps qu'à son ruisseau. Les semaines suivantes, la princesse demeura couchée. Elle était malade, fiévreuse, et semblait se vider de ses forces. Impuissants, les médecins du roi la voyaient mourir, sans rien y comprendre. Ils avouèrent leur incapacité à la soigner. Le roi vint tous les jours lui tenir compagnie. Il faisait tout en son pouvoir pour la soulager, et rendre plus agréables ses derniers jours. Parfois, la princesse ouvrait les yeux, et souriait tristement. Elle le remercia de son amitié. Mais, lui dit-elle, il n'y avait plus rien à faire... Elle sombra dans un sommeil étrange. Tous les efforts du roi pour l'en sortir furent inutiles. Puis ses nuits se firent paisibles. Elle ne semblait plus tourmentée, déchirée ; la fièvre qui l'avait brûlée disparut. Elle revint à elle, et se remit à boire, à manger. Bientôt, elle put même se lever. Un matin, le roi la trouva souriante, débordante de joie. Elle lui fit bon accueil, et promit de tout lui expliquer, sous peu. Tandis que les forces revenaient à la princesse, le roi s'aperçut qu'il changeait, lui aussi. Ses épaules semblaient se décharger d'un fardeau dont il n'avait pourtant jamais pris conscience. Et son coeur devenait plus léger... Un bon matin, la princesse lui parla de la forêt qu'elle avait traversée sur ses terres, et dont il ignorait l'existence. Elle lui demanda de l'y accompagner. Chemin faisant, le roi s'aperçut qu'elle était située au coeur même de son royaume. Comment avait-elle pu naître et croître ici, sans que jamais personne ne la rencontre ? On aurait dit que, pour se protéger du roi, la forêt s'était faite invisible à tous. Seule la princesse, guidée par la tendresse qui la liait à son ruisseau, y avait été acceptée. Elle était la seule à avoir vu cette clairière où il luttait pour donner vie au désert. Cette fois-ci, la traversée de la forêt fut plus aisée. Elle était toujours aussi dense, mais elle semblait s'ouvrir d'elle-même devant le roi et la princesse. Elle les mena ainsi jusqu'à la clairière. Jamais paysage ne réjouit davantage le coeur de la princesse. Son ruisseau coulait paisiblement dans une vallée verdoyante. Des poissons jouaient dans ses eaux. Dans le bruissement des feuilles d'arbres, des oiseaux de toutes les couleurs mêlaient leur chant. Et le ruisseau leur dit comment il avait vaincu le désert. Les premières semaines, il s'était épuisé à lutter contre le soleil. Puis, il comprit. Le soleil n'était pas son ennemi. L'affrontement ne servait à rien. Redonner vie à cet endroit constituait leur but commun. Et pour cela, ils avaient besoin l'un de l'autre. C'est alors que le ruisseau, pour la deuxième fois dans sa vie, abandonna la chaleur et la lumière du soleil. Mais cette fois-ci, il choisissait de le faire. Il lui fallait apprivoiser la noirceur de la terre. Il creusa le sol, et s'engouffra sous la terre brûlante. Lentement, il accumula ses eaux en un grand lac souterrain. En l'accueillant, la terre retrouva son humidité. Saturée d'eau en profondeur, elle réapprit à se protéger du soleil trop brûlant. Les premières vapeurs s'élevaient du sol. Comme un complice qui n'espérait que cela, le soleil prit plaisir à attirer à lui l'humidité neuve. Et la première pluie vint célébrer leurs retrouvailles, leur alliance fertile. Et le désert reculait devant eux. Puis la princesse devint reine, aux côtés du roi. Le royaume trouva enfin la plénitude qui lui manquait, et le soleil revint au château de la princesse. Au coeur de leurs deux royaumes maintenant réunis, le ruisseau se répandit en un grand lac joyeux, où retentissaient les cris des ébats de leurs enfants. Et ils vécurent sereins, en paix avec la nature et les hommes, dirigeant leur royaume avec douceur et fermeté, jusqu'à un âge fort avancé. À leur demande, on les enterra, côte à côte, sur les bords de leur ruisseau. C'était une radieuse journée d'automne. Et cette nuit-là, la pluie célébra dans tout l'univers, la légende d'un roi, d'une reine, et du ruisseau qui avait redonné vie à leur désert. Traduit par Caroline Morissette, traductrice professionnelle et étudiante au praticien. Le monde vit certainement une période difficile. Les problèmes comme le terrorisme et le réchauffement de la planète montrent jusqu’à quel point nous sommes plus que jamais déconnectés du monde, des autres et même de nous. Nous sommes dans un tel état collectif de déconnexion que la crise que nous traversons secoue plusieurs d’entre nous. Le monde est effectivement mûr pour le changement et la transformation. De plus en plus de personnes se demandent ce qui est réellement important et évaluent l’orientation de leur vie. Plus le monde se réveille, plus les besoins en coaching au niveau de l’identité sont criants.
L’objectif premier du coaching au niveau de l’identité est d’aider les personnes à savoir quand la voie est libre, quand elle ne l’est pas, et ce qu’elles peuvent faire pour l’ouvrir à nouveau. Il s’agit donc de reconnaître comment nous nous déconnectons de nous-mêmes et à découvrir ce qui nous permet de revenir à la source. Un des objectifs primordiaux du coaching au niveau de l’identité est de donner la possibilité aux personnes de s’ouvrir et d’approfondir leur sentiment d’identité. Ainsi, elles pourront jongler avec les chances et les difficultés de la vie à partir d’un lieu où elles se sentent de plus en plus présentes, pleines de ressources intérieures et authentiques, et ce, même dans les périodes difficiles. Du point de vue du coaching au niveau de l’identité, il est important de voir nos vies comme le périple d’un héros et de trouver la présence d’esprit pour agir lorsque les événements dans lesquels nous sommes nous demandent de le faire. En fait, lorsque nous vivons des périodes de crise, il nous arrive souvent de découvrir toute l’ampleur de nos forces et d’être mieux positionnés pour trouver notre propre expression dans la vie.
> LE CYCLE DE LA VIE État présent : Une dame vit seule depuis la mort de son mari il y a quelques années et sa santé décline (hypertension, cholestérol, maux de tête, étourdissement, etc.). Régulièrement, elle dit qu’elle a perdu le goût à la vie parce qu’elle a perdu l’essentiel. État désiré : Elle aimerait retrouver le désir de vivre dans un corps en santé et apprivoiser sa solitude pour se trouver d’autres raisons de vivre. Dans un pays où les 5 saisons faisaient le temps, vivait un joli pommier sauvage car il ne faisait pas partie d’aucun verger. Par un heureux hasard, un promeneur avait simplement lancé son cœur de pomme au abord d’une forêt. En fait, les conditions de vie étaient si favorables tout près de cet immense sapin bleu que les pépins ont germés très rapidement pour finalement devenir un arbre solide et prolifique. Avec les années, le pommier s’épanoui et grandi jusqu’à ce que ses racines s’entrelacent astucieusement à celles du noble conifère. Le sapin était légèrement incliné vers le pommier le protégeant des intempéries et d’un soleil parfois trop brûlant. Sous la terre les deux arbres étaient étroitement entrelacés, partagent le même espace, sans qu’on puisse dire lequel contribuait à l’équilibre de l’autre. Au printemps, l’odeur si douce des fleurs de pommier faisait le bonheur d’une multitude d’oiseaux, insectes et écureuils. Et à l’automne, les cocottes du conifère se mêlaient aux pommes qui demeuraient au sol pour se décomposer dans la terre et l’engraissaient richement au bénéfice de toute la faune et la flore. La vie coulait ainsi, doucement et paisiblement, depuis de nombreuses années. Ho oui, il y avait bien eu des intempéries et quelques parasites qui sont venus perturber l’équilibre de cet écosystème, mais les forces naturelles de chacun avait réussi à prendre le dessus et chacun en étaient sorti plus fort. Cependant, un sombre soir de fin d’été, une pluie torrentielle s’est abattu sur la montagne et inonda le sol. Terre, pierres et feuilles mortes furent entraînées dans un glissement de terrain en dénudant les racines des arbres. Le grand torrent fragilisa l’immense sapin et le vent qui soufflait si fort... Heureusement, le pommier était plutôt à l’abri dans le repli de la montagne. Les branches des arbres se balançaient de tout côté et les plus rigides se cassaient d’un craquement sec, aussitôt emporter dans la tempête. Mais le tonnerre, précurseur de la foudre, fit frissonner le pommier qui ressentait le danger tout près de lui… et lorsque la foudre tomba directement sur la cime du grand sapin bleu, le pommier en resta effaré. Une onde de choc fit trembler le sol et l’immense conifère s’écroula lourdement au sol, allongé de tout son long au pied du pommier sidéré. L’écho de ce souvenir d’effondrement demeura imprégné longtemps dans son bois. Il constata à peine que ses propres racines s’étaient laissé entraîner dans la chute et que plusieurs s’étaient littéralement rompues. Seul le trou immense creusé par la souche maintenant découverte captait l’attention du pommier. Puis ce fut le silence et le froid. Aucun fruit naîtra sur les branches de l’arbre cette année-là. Privé d’une partie de sa nourriture habituelle, l’arbre fruitier semblait se recroqueviller sur lui-même au fil du temps et ses branches se resserrèrent près de son tronc et vers le sol. Depuis l’orage, sa propre sève s’écoulait de plus en plus lentement à l’intérieur de lui à cause de ses racines meurtries. Cependant, la vie continuait sa danse autour des deux arbres et la nature avait déjà commencé son œuvre de transformation pour recréer un nouvel équilibre. En fait, la cavité formée par la chute du sapin s’était très rapidement rempli d’eau et fourmillait maintenant de vie. Le grand cercle de la vie était à l’œuvre car le vide n’existait pas et tout finissait par être remplacé. De son côté, le pommier se laissa bercer par le vent depuis des jours et des jours, baignant dans une douce torpeur apaisante. Il faisait si froid maintenant… Il ressentait un vague engourdissement monter de ses racines jusqu’à sa cime et il s’abandonna à celle-ci. Au dehors, l’été des indiens battait son plein partout dans la forêt mais pour le pommier l’hiver était déjà commencé [silence]. Dans son sommeil, il fit un voyage au cœur de sa propre création. Il retrouva le centre exactement de sa naissance, là où son pépin s’est ouvert la toute première fois pour débuter sa croissance. Il entendit tout à coup le murmure de sa propre vie, sa respiration, les pulsations de sa sève qui circulait en lui tout doucement… régulièrement. Il fut transporté dans ses ramifications et il porta attention à chacune de ses branches, appréciant la fermeté de son bois, découvrant les nœuds qui s’étaient formés inévitablement ici et là lors de sa croissance. Il visita ainsi chacun de ses tubercules, chacune des branches et des feuilles de son être… son voyage l’amena de plus en plus profond en lui-même… Il devint sa propre sève et voyagea dans son bois entrant dans le flot de sa propre vie. Des milliards de petites particules dansaient dans la lumière blanche et chacune d’elles semblaient aller vers une autre, comme porteuse d’un message de la plus haute importance, avant de repartir vers une autre pour recevoir lui aussi sa dépêche. Ce ballet synchroniser et les mystérieux secrets échangés l’intrigua au plus haut point, mais déjà son attention était attirée par la chaleur que dégageait la lumière blanche. Là aussi il y avait un mouvement, comme une grande respiration dans laquelle il s’installa comme dans un véhicule… si bien que sans même sans rendre compte, il fut propulser dans l’atmosphère et, transporté par la lumière, il flottait à quelque mètre au-dessus de lui-même. À peine eu-t-il aperçu ses feuilles et le paysage environnant que déjà il revenait vers celle-ci portée cette fois par la chaleur du soleil. Il voyagea ainsi quelque temps à la fois à l’intérieur et à l’extérieur, s’émerveillant de ne jamais tomber dans le vide. Il ressentit la force vitale des échanges avec l’air, la lumière et la terre, sa mère nourricière... et là, tout à coup, l’arbre ressenti une douce chaleur bienfaisante l’envahir, une chaleur connue, une odeur au goût boréal. L’arbre constata qu’il ne pouvait empêcher sa vie de vouloir continuer à vivre, au-delà de son propre désir… et il compris le message si important que transportent les petites particules de vie. Il goûtait la vie, partageait son essence avec l’humus du sol et laissa entrer en son sein les minéraux produit par la transformation du sapin à son pied. Jamais auparavant, la terre ne l’avait nourri de cette manière et cette saveur si agréable, plus riche que jamais… Loin de l’avoir abandonné, le sapin bleu partageait avec lui sous sa nouvelle forme de vie. Le pommier su en son fort intérieur qu’il n’était jamais seul puisque tout ce qui existe faisait partie du grand cercle de la vie. Le soleil printanier amena doucement le pommier à se retourner vers lui et une grande énergie monta en spirale tout autour de lui. Ses branches ne tardèrent pas à bourgeonner et produirent de jolies fleurs blanches qui lui donnait un air de fête. Ses feuilles s’ouvraient de plus en plus pour capter la lumière et les oiseaux revinrent babiller dans son banchage. Sa morphologie était transformée, plus mature, plus élancé et plus solide aussi. Il sut dès lors que cette année ses pommes seraient plus rouges et plus juteuses que jamais grâce à la force qu’il puisait à même cette grande chaîne d’amour. Et au loin, on aurait dit qu’une branche du pommier touchait le tronc du vieux sapin quand le vent la poussait tel une caresse que l’on fait à un enfant endormi.
> QUELQUES PERLES D’INSPIRATION ... AVEC PLAISIR ! J’aimerais vous offrir, en conclusion, deux courts textes – tout de plaisir et d’inspiration. Pour les moments précieux et les instants de paix. Les égrégores de pouvoir et d’amour, extrait du livre du même nom d’Alain Brethes. « Un égrégore est une « idée force » représentant l’inconscient collectif d’un groupe humain spécifique comme certains groupes de pressions internationaux. Un égrégore est une « forme pensée » créée par les désirs, les émotions, les rêves, les aspirations, les engagements et la volonté de plusieurs personnes réunies autour d’un projet commun. L’histoire nous montre que tout groupe se maintenant en place par la force et la terreur est voué à disparaître à un moment donné. De plus, à l’aube de l‘Ère du Verseau, le nombre d’entités humaines sensibles aux valeurs exaltant l’Amour Universel grossit de jours en jours. Le sens de la beauté, du partage, de la reconnaissance de l’autre, du respect, de l’écoute, de la compassion et de la joie, est vécu au quotidien par un nombre croissant de personnes. Les égrégores féconds qui se créent un peu partout sur la planète se préoccupent essentiellement des besoins de la communauté avant les leurs. Ils font preuve de responsabilité vis-à-vis des autres égrégores et s’impliquent dans tous les domaines de l’activité humaine. Les égrégores féconds rayonnent d’une lumière incandescente. Ils sont des centres de force qui scintillent dans l’aura de la planète. En prenant la juste mesure de notre dimension intérieure et en lui donnant la possibilité de s’exprimer, nous allons favoriser l’expression d’une force bienveillante susceptible d’entraîner le monde dans un courant d’Amour qui aura un effet dévastateur sur les égrégores de pouvoir… » Dans le silence du moment — traduction libre de « In the Stillness of the Moment », extrait du livre : Inuksuit – Silent Messengers of the Arctic, de Noman Hallendy. Début avril. Il arrive parfois que, même au cœur de l’hiver, un vent violent face place à une certaine immobilité. Le mur de froid s’emmitoufle d’un étrange vent chaud. Il balaie le sol, en marche vers un pays lointain, laissant en son sillage une beauté éphémère. C’est maintenant la saison où le jour et la nuit sont d’égale longueur, la saison où naissent les bébés phoques. Et bien que l’océan continue de s’épaissir, la terre commence à se réchauffer sous les rayons du soleil qui s’élève toujours un peu plus à chaque aurore. Assis au sommet d’une montagne usée par l’érosion, j’observe comment le soleil d’hier a déjà fait fondre légèrement l’entier manteau de neige. Plus tard, un vent froid s’élèvera de la mer gelée et frappera de sa froidure, entraînant toutes choses à se cristalliser de nouveau en un vaste paysage de silence et de glace. Pour l’instant, je me sens envahi d’une profonde affection pour cette terre, unganatuq nuna. L’immense silence qui m’enveloppe éclate soudain. Du coin de l’œil, j’aperçois un nuage vivant, se gonflant en tourbillons qui traversent le ciel, se formant et se reformant comme transporté sur une crête de vent. Ce nuage est la première vague de canards eider des pays du Nord, dans la foulée du soleil en direction de grands océans lointains. Bientôt, les oies et les cygnes suivront. Mais en ce jour, les premiers signes du printemps commencent à prendre forme. Ils sont subtils et, si vous n’observez pas attentivement, vous risquez de les manquer. Innombrables impressions minuscules sur la surface des roches incrustées de lichen, tout autour de moi. Quelques-unes ne sont pas plus grandes que les mains d’un enfant. Le lichen noir qui les entoure attire la chaleur du soleil, qui s’affaire bientôt à faire fondre la glace prise dans ses replis. De minuscules flaques d’eau commencent à se former, reflétant une à une l’astre solaire. En les observant de près, je peux discerner les traces de plantes microscopiques reposant en attente au fond de chacun de ces étangs lilliputiens. Je me penche doucement, effleure de mes lèvres la surface et m’abreuve délicatement. L’eau de chaque flaque, telle une variété de thés fins, change de goût d’une flaque à l’autre. La première goûte un peu le bois, la seconde a l’arôme d’une herbe, alors que la troisième a le frais goût sucré du printemps. On appelle ce moment immaturpuq, lorsque la Terre reçoit sa toute première eau. Dans le silence du moment, me visitent des mots qui me furent donnés il y a très longtemps. « De temps à autre, les esprits viennent à notre rencontre car, pour un court instant, ils ont besoin de chaleur humaine. Il faut alors bien prêter l’oreille à ce qu’ils ont à dire, car ils tentent de nous dire ce que nous pensons réellement. »
> SERGE MARQUIS ET L’ART DE LA RECONNAISSANCE Comment vous parler d’une conférence de Serge Marquis ? Voilà mandat bien difficile… Car, au-delà de la structure, au-delà du contenu, Serge nous parle avec son âme, avec son cœur. Loin de moi la prétention de vous présenter sa conférence dans toute sa richesse. Je tenterai plutôt d’en souligner certains éléments, de rester fidèle à l’esprit, de rendre brièvement les grandes lignes de ce sujet qui le passionne. Il n’en tiendra qu’à vous de contacter cette partie sacrée en vous, cette partie sage, cette partie aimante… qui vous permettra d’y insuffler l’âme. Notre invité, Serge Marquis, médecin et conférencier, s’est passionné pour la santé des organisations, tout particulièrement en ce qui a trait au stress et à l’épuisement professionnel. Consultant, conférencier et formateur, il est aussi co-auteur d’un livre intitulé : « Bienvenue parmi les humains ». C’est avec élégance et simplicité qu’il est venu nous toucher profondément en nous parlant de l’un de ses sujets préférés, l’art de la reconnaissance. La reconnaissance a un impact réel sur le développement de l’être humain, et ce, dès sa naissance. Comme le dit Serge, « Depuis sa naissance, un être humain qui a grandi dans une famille saine a vu ses faits et gestes reconnus. L’être humain a forgé son identité à travers la reconnaissance, il est devenu ce qu’il est à travers la reconnaissance. » À l’envers du miroir, dans les organisations, plusieurs problématiques sont souvent attribuables à l’absence de cette reconnaissance, de cette capacité même à reconnaître l’autre. Les milieux de travail actuels sous-estiment, nous dit-il, l’impact du regard porté sur l’utilité et la beauté du travail de l’autre, des autres. L’art de reconnaître, au fond, c’est une manière d’injecter de nouveau l’humanité dans l’organisation. Serge nous souligne très justement à quel point l’organisation a été déshumanisée, et avec elle, ses éléments les plus importants : les personnes qui la composent. Les nouvelles attentes en termes de productivité et de rendement ont réduit l’humain à un rôle de machine, sans âme. Avec verve, maniant le mot et l’anecdote avec humour, Serge Marquis nous a fait découvrir – avec pragmatisme, et parfois par l’absurde – la nécessité de la reconnaissance pour la santé de la relation humaine, et la santé de l’humain. Citant, notamment, M.C. Carpentier Roy : « Le pivot de la santé mentale est l’identité. C’est-à-dire ce par quoi l’individu se construit comme unique, tout en étant lié à d’autres, ce par quoi il s’accomplit. Or cette identité se construit certes d’abord dans la sphère privée où la construction se joue autour de l’amour (de soi, de l’autre, des autres, par les autres), mais elle se construit aussi dans la sphère publique, plus particulièrement dans la sphère du travail, à travers cette fois la reconnaissance… » Bien sûr, il en va de la transformation des croyances, des approches. Exiger d’être reconnu, c’est prendre le risque de ne pas l’être, le risque de souffrir. C’est redécouvrir l’humain. Et l’assumer. Mais comment retrouver l’art de la reconnaissance dans des contextes où les gens sont souvent réticents à le faire ? La reconnaissance formelle a déjà place dans beaucoup d’organisations. Quoique nécessaire, sa fragilité vient du fait qu’elle reconnaît « en masse » et omet l’unicité, la reconnaissance personnelle, individuelle. Utilisée seule, elle est mal tolérée – puisque souffrant d’un manque de crédibilité. Il est impératif – pour tout acte de reconnaissance – d’en protéger la crédibilité. La reconnaissance doit être authentique, transparente et profondément sentie. Pas nécessairement facile à faire dans un cadre formel. L’alliance du formel et l’informel permet plus de souplesse, plus d’impact aussi. Les actions « organisées » s’appuient alors sur une attitude, une volonté quotidienne de regard sur l’autre et de son appréciation. N’est-il pas intéressant de noter que, pour enclencher le processus de reconnaissance, il est souvent nécessaire de nommer ce que l’on sait déjà, de l’amener en lumière, d’en prendre conscience… Serge nous présente ainsi les formes de reconnaissance. Un guide, une structure de base, de référence pour l’organisation. La reconnaissance peut se faire de deux manières principales : le jugement d’utilité, Cette forme de confirmation donne un sens au travail que l’on fait, elle respecte le besoin d’autonomie. le jugement de beauté, S’inspirant de Jean Monbourquette, Serge Marquis souligne le lien évident entre la reconnaissance et l’estime de soi. La nécessité aussi d’être reconnu dans ses actions et capacités (les marques d’attention) et la nécessité d’être reconnu pour soi (les marques d’affection). Et de là à affirmer qu’une estime de soi saine et nourrie des individus la composant saura contribuer grandement au succès d’une organisation évolutive et propice à l’épanouissement, il n’y a qu’un pas… Et tout comme pour l’individu, le secret de l’épanouissement réside dans l’identification de ses barrières, de ses ombres. Ces barrières, il nous les présente brièvement : les croyances, le temps (le rapport au temps), les peurs, les cadences, les conventions et le 24/24 heures. C’est en regardant bien en face ces obstacles, en les accueillant dans un désir réel de transformation, que l’organisation pourra découvrir les conditions nécessaires à instaurer un climat de reconnaissance. Je dois vous avouer que ce qui m’inspire le plus de l’approche de Serge Marquis, c’est la permission qu’il donne aux organisations de découvrir à nouveau le pouvoir du rapport humain. Une approche fondée sur la reconnaissance, c’est autoriser les personnes qui composent l’organisation – particulièrement les cadres et dirigeants de l’organisation – à prendre un temps d’arrêt pour revenir à l’essentiel. Elle encourage la découverte de nouvelles manières, de nouveaux regards sur cette dynamique complexe. C’est apprendre à apprécier. Tout simplement. Au fond, réapprendre à reconnaître, c’est accueillir notre capacité à aimer. À s’aimer soi-même et à aimer les autres. En même temps. Et à être aimés.
> LA PNL EN ÉVOLUTION : LA MODÉLISATION DE LA QUALITÉ D’ÊTRE DE ROBERT DILTS Je pratique la PNL depuis 10 ans avec passion, dans le cadre de formation en entreprises, dans le coaching ou encore avec des apprenants de tous niveaux dans des écoles réputées d’enseignement de la PNL. Mon plaisir le plus personnel se situe dans la modélisation et dans la transmission de ces modélisations auprès d’autres personnes. Le 14 mars 2005, j’ai pu le vivre avec un « modèle » des plus attirants : Robert DILTS ; sur un sujet des plus essentiels : sa qualité d’être dans la relation. Le résultat est si « touchant », que je crois vraiment nécessaire de le partager avec l’ensemble de la Communauté PNL, et bien sûr avec tous ceux qui le souhaitent au-delà de cette communauté. Histoire de cette modélisation Mon intérêt pour la PNL s’inscrit pour beaucoup dans le fait que, outre son efficacité, elle soit générative et évolutive. La PNL permet de créer et de trouver de nouvelles possibilités, grâce à son état d’esprit d’ouverture, notamment au travers de la modélisation. La PNL s’inscrit déjà dans une certaine tradition issue de ses sources multiples. Des sources théoriques (Gregory BATESON, Noam CHOMSKY, Paul WATZLAWICK, etc.) et des sources empiriques incluant des modélisations de Virginia SATIR, Fritz PERLS et Milton ERICKSON par Richard Bandler et John Grinder, les co-créateurs initiaux de la PNL. La PNL s’inscrit aussi dans une modernité, avec de nombreux nouveaux développements, notamment avec le travail de fond de Robert DILTS en terme d’outils (modèles SOAR, SCORE, les niveaux Neuro-logiques, les systèmes de croyances, la PNL systémique, etc.) en terme de domaines d’application (santé, leadership, thérapie, apprentissage, etc.), et en terme de structuration et de vulgarisation (modélisation des Génies, encyclopédie de la PNL, etc.). C’est à l’intérieur de ce cadre de travail des nouveaux développements de la PNL que s’est inscrite cette journée de modélisation de Robert DILTS sur sa qualité d’être dans la relation. A Montréal, devant une centaine de personnes réunies grâce au CQPNL de Joanne RIOU, nous avons pu prendre le temps, non pas d’écouter les propos de Robert Dilts sur un sujet, non pas d’appliquer des exercices de PNL, mais de porter nos regards avec respect sur le «contenant», et sur l’esprit et l’âme, de cet homme qui œuvre avec la PNL depuis 30 ans. En fait, je voulais par cette journée, porter notre attention sur la qualité d’être, plus que sur des stratégies et des comportements efficaces de Robert. Cela pour deux raisons principales :
Comment avons-nous procédé ? Cette modélisation consistait en une exploration avec trois exemples sur la qualité d’être de Robert. Un premier exemple consistait en un cas significatif choisi par Robert. Il y a décrit ce qu’il avait fait pour établir la relation, dans une situation dans laquelle établir le rapport n’était pas une chose facile. Dès les premiers instants, Robert nous a immédiatement emmené dans une profonde dimension, et je l’ai suivi là où il allait, puis je l’ai invité petit à petit par des questions, à creuser encore un peu plus loin la prise de conscience de sa qualité d’être. Notre deuxième exemple consistait à visionner un extrait d’intervention de Robert en situation d’accompagnement, filmé au cours du séminaire intitulé « Outils systémiques pour un monde en transformation » qu’il avait donné les jours précédents la modélisation. Là, avec Robert, nous avons co-modélisé les points clés de l’intervention. Nous arrêtions la vidéo et explorions le Comment et le Pourquoi Robert avait répondu ou agit de la manière dont il l’avait fait à ce moment précis de l’intervention. Finalement, notre troisième exemple se situait dans une interaction immédiate entre Robert et moi-même. Robert m’a coaché pour « être dans ses chaussures » pendant que j’interagissais avec une autre personne. J’ai exploré la qualité d’être de Robert en commençant à intégrer les patterns que nous avions découverts et en explorant de manière plus large, les questions qui m’étaient nécessaires pour comprendre cette qualité d’être. A la suite de cela, nous avons demandé aux participants d’essayer les patterns clés qui sont ressortis de cette exploration. Observer un modèle est déjà plein de richesse, et toucher la structure du modèle enrichit profondément l’expérience. Aussi, après avoir formalisé à l’aide des niveaux logiques le cheminement de Robert, nous avons demandé aux participants d’effectuer un travail d’intégration « dans le muscle » de cette modélisation, en réalisant plusieurs exercices. Une belle intégration est un point essentiel, même si elle est parfois sous estimée dans les processus de modélisation / transmission. Elle est nécessaire, car elle permet de commencer à pratiquer différemment la « matière » modélisée et ainsi de l’adapter, dans le sens que chaque personne intègre ce qui va être significatif pour lui et à travers lui. Le sens de cette modélisation est de faire grandir une culture (celle de la qualité d’être dans la relation) et non pas d’honorer un culte (celui de Robert Dilts). Et alors, quels ont été les résultats ? Cette rencontre avec Robert a été un moment magique qui a ouvert, j’en suis profondément convaincu, de réelles voies pour ceux qui veulent développer une plus profonde qualité d’être dans leur accompagnement ou dans leur vie. Ces voies sont nombreuses et très riches et je souhaite pour ma part, vous les offrir comme une extension aux présupposés de la PNL. Je suis conscient de la difficulté de cette tâche, tant je connais l’attachement des « PNListes » à ces présupposés ! Je fais le vœu que l’ensemble des « Gardiens du temple » de la PNL ouvre avec conscience et avec cœur leur vision, dans l’examen de ces nouveaux présupposés, qui sont ici proposés. Je me souviens des espaces qui se sont ouverts pour moi lors de la découverte et de la pratique des présupposés de base de la PNL et j’imagine qu’il pourrait en être de même pour les présupposés qui vont suivre. Ce qui vient peut en effet constituer quelques recherches de base sur les présupposés de la PNL de la Troisième Génération (1). Un nouveau présupposé qui vient compléter « La carte n’est pas le territoire » : « Toute personne peut rejoindre le territoire ». Ce processus qui existe avec la relation à l’autre, nécessite certainement, même pour les communicants chevronnés, un (ré- ?) apprentissage, et une pratique régulière pour permettre à ce processus de devenir inconscient. Un nouveau présupposé qui peut venir compléter « Les personnes ont une intention positive » : « L’identité d’une personne est belle et paradoxale » Deux autres présupposés peuvent compléter une approche d’une PNL de la Troisième Génération. « Être en relation profonde, avec moi et avec la personne, permet de voir et de promouvoir la beauté de cette personne » « Le corps et le mental sont reliés à un champ plus large » Quelques notes de ce que j’ai pu vivre et reconnaître dans cette modélisation … Parmi le feu d’artifice d’enseignements délivrés par l’expérience que détient Robert Dilts, en voici quelques-uns : (je ne peux tout retranscrire et à l’heure où j’écris, un DVD qui vous permettra d’accéder à cette journée et à ces enseignements est en cours de production). Je pense que certaines de ses notes pourraient se formaliser en principes de bases pour une communication intègre et parrainante dans une intervention PNL par exemple :
D’autres notes pourraient être des axes de développement de nouvelles capacités pour des maître-praticiens confirmés ou des apprenants dans la relation d’aide. Elles mentionnent la capacité à se calibrer soi-même (comme une définition concrète à l’intégrité), la capacité à se connecter à l’autre lorsque cet autre n’a pas l’envie d’être vu, la possibilité d’aller à l’essence de sa voix, de s’adresser avec cette voix à différents endroits de la personne (sa tête, son centre) ou encore la capacité de calibrer la vie. Toutes ces choses sont si essentielles, finalement assez élémentaires dans leur explication, et rendues possibles par la prise de conscience concrète, issues des révélations de cette modélisation de la qualité d’être de Robert Dilts. La question qui émerge avec quasi stupeur après cette modélisation est : «En définitive, à quoi prêtons-nous attention, pour cheminer dans notre capacité à vivre et à accompagner les autres» ? En conclusion… Malgré ma connaissance de Robert et de ses enseignements, et ma préparation pour ce travail de modélisation, j’y suis allé avec une réelle curiosité pour découvrir les profonds talents de Robert. J’y ai trouvé une PNL bien plus émotionnelle que je ne l’avais apprise. (Imaginez-vous que l’émotion était même un élément clé dans les stratégies de mémorisation et de conduite des exercices par Robert) ? J’y ai trouvé en filigrane une PNL dans une dimension spirituelle, sans prosélytisme de la part de son auteur, mais directement incarnée dans la qualité de son accompagnement. J’y ai trouvé des mots de « vérité » et de « beauté » qui ont résonné comme une intention plus que positive dans la relation… Cette PNL, je l’ai aimée, car elle m’a éloigné des soupçons et des « procès d’intention » de toute puissance et de manipulation érigés par ses détracteurs. En modélisant la qualité d’être de Robert dans la relation, nous avons sûrement trouvé ce qui existait déjà chez Virginia Satir, Gregory Bateson ou Milton Erickson. Nous avons aussi été au-delà du travail des créateurs Richard Bandler et John Grinder : la PNL va aujourd’hui plus loin que la modélisation de l’excellence. Je crois que, le 14 mars 2005, la PNL est entrée dans une nouvelle définition, celle de l’attention à la modélisation de l’intégrité et de l’amour. Ce vécu est une invitation pour nous tous à promouvoir la modélisation. Poursuivre celle de Robert Dilts, bien entendu, car elle ne fait que commencer, et apporter et ancrer de très beaux savoir être. A vous tous, où que vous soyez dans le monde, autour de vous, il se trouve des personnes qui ont développé une très belle qualité d’être, une expérience rare, un talent magnifique. Il est temps de prendre le temps, et de porter votre attention sur eux et pas uniquement sur leurs capacités, et ce, afin de pouvoir profondément vous en inspirer et le partager. Aussi dans le monde entier, des instituts de PNL peuvent être de réels leaders pour ouvrir cette voie de la modélisation de la qualité d’être et entrer ainsi concrètement dans la PNL de Troisième Génération. Olivier Corchia (1) La PNL de Troisième Génération est en développement depuis le début des années 90. (2) Gregory Bateson (Steps to an Ecology of Mind, 1972) « L’esprit individuel est immanent, mais pas uniquement dans le corps. Il est immanent dans les chemins et les messages en-dehors du corps. Il existe un Esprit plus large, dont l’esprit individuel est uniquement un sous-système. Cet esprit global est comparable à Dieu et est probablement ce que les gens perçoivent comme « Dieu », mais il est toujours immanent dans l’ensemble du système social interconnecté et de l’écologie planétaire ». Pour tout renseignement complémentaire :
Nous vous présentons un court texte de Denis Bridoux : « Maman, c’est quoi la Neuro-sémantique et les méta-états ? » Nous sommes naturellement des faiseurs de sens, de signification. Nous ne pouvons pas ne pas donner un sens à quelque chose, partout, tout le temps, à propos de tout, de n’importe quoi et même de rien du tout ! C’est un mécanisme de survie qui structure la manière dont on répond aux situations et dont on interagit avec les autres, donc c’est en fait pour commencer un moyen pour arriver à une fin. Puis cela devient rapidement une fin en soi. Notre esprit ne fonctionne pas de façon linéaire: il décrit des boucles, des méandres, des spirales, des volutes. En bref, il se comporte de façon fractale ou « chaotique » (au sens mathématique du terme). Ainsi, on ne fait pas que penser, ressentir ou faire quelque chose à propos de quelque chose qui est extérieur à nous : on pense également à ce que l’on pense, on pense à ce que l’on ressent, on ressent à propos de ce que l’on pense, on ressent à propos de ce que l’on ressent, et ainsi de suite… Ce faisant, on se crée sa propre ‘psycho-logique’, qui n’est logique que pour nous-même (et ce, dans le meilleur des cas).
Selon les situations les boucles et méandres qu’effectue notre esprit nous servent ou nous desservent : ils peuvent alors former ce que l’on appelle des cercles vicieux, qui nous bloquent ou nous enfoncent dans une problématique ou, au contraire, des boucles vertueuses qui nous élèvent et nous font aller de l’avant. Née de la fusion, entre autres, de la PNL et de la Sémantique générale, la Neuro-sémantique a trait à la manière dont on génère ce sens et dont on le code en soi dans notre corps-esprit. Comme la PNL, elle a des applications dans tous les domaines, à la fois pour vous, en vous offrant une compréhension structurelle en profondeur de notre ‘corps-esprit’, et vous en tant que client, en vous donnant de nombreux moyens d’accéder à de nouvelles ressources afin de progresser vers vos objectifs désirés tout en résolvant les blocages qui vous pourraient vous empêcher d’y arriver. Le travail sur les méta-états est une approche clé de la Neuro-sémantique. Leur étude, lors de formations telles que « Accéder à votre Génie Personnel » et sa suite « Vivez votre génie personnel au quotidien » a pour but de vous donner une compréhension au niveau structurel de la manière dont notre esprit opère, afin de suivre à la trace son cheminement lorsque l’on pense ou que l’on ressent quelque chose à propos de quelque chose, afin de mieux savoir travailler dessus et de gérer avec succès les aléas de la vie. Il explique les mécanismes de choses telles que les addictions, les obsessions, la motivation, ainsi que bien d’autres. Si ce que l’on fait marche pour nous, ce travail nous permet de le valider et de le faire bonifier encore mieux. Si ça ne marche pas, cela nous permet de faire quelque chose qui changera le sens que l’on donne à une situation afin d’y répondre au mieux, d’identifier toutes sortes de ressources pour ce faire, et de les installer en nous pour qu’elles soient disponibles au moment opportun. Au cours des années, la PNL a développé toutes sortes de processus pour permettre à ses praticiens et à leurs clients de créer le changement, soit en résolvant des problèmes, soit en développant d’encore meilleures manières de fonctionner. On sait désormais que l’efficacité de ces processus est due à la manière dont notre esprit se réfléchit – au sens propre du terme – en faisant référence à lui-même, donc à la manière neuro-sémantique que l’on a d’évoluer dans le monde et d’interagir avec celui-ci. La Neuro-sémantique valide donc pleinement tous les acquis de la PNL et l’insère au sein d’une structure conceptuelle plus vaste qui explique la raison de son efficacité. Qui est Denis Bridoux? Éclectique dans l'âme et formé, entre autres, par Tad James et Robert Dilts, Denis fit sa formation d'enseignant certifié en PNL avec Richard Bandler et John LaValle à Munich en 1995. Il a l’honneur d’être l'un des rares formateurs de par le monde à avoir reçu de Richard Bandler la permission de former au Design Human Engineering™ (DHE) et a régulièrement opéré comme assistant à tous les niveaux, y compris celui de formation de formateur, lors des stages de ce dernier en Europe de 1996 à 2000. Depuis 1997, Denis travaille en profondeur avec Michael Hall, le créateur du modèle des 'Méta-états' et de la Neuro-sémantique, qui intègre au plus haut niveau la PNL et la Sémantique Générale. Son organisation fut d’ailleurs la première à l’inviter hors des États-Unis. Il a contribué à son livre ‘Mind-Lines’ et fut récemment nommé Honorary Fellow of the International Society of Neuro-Semantics® pour ses contributions sur le sujet. Il est maintenant Master Trainer certifié en PNL et en Neuro-sémantique. Sa diversité de culture lui permettant de bâtir des ponts entre des disciplines très diverses et, de ce fait, d'enrichir plus encore la PNL à tous les niveaux, sa formation de maître praticien est unique en Europe, sinon au monde. Récemment qualifiée de « la plus intéressante actuellement disponible en Europe », beaucoup la considèrent comme un post-maître et viennent en suivre des modules individuels même s’ils ont eux-mêmes suivi une formation de formateur. Denis aime allier humour, rigueur intellectuelle et flexibilité pour permettre à ses participants d'apprendre sans en avoir l'air, et il ose espérer que son enthousiasme est communicatif. Nous sommes très heureux de recevoir Denis Bridoux qui nous présente son atelier : « Introduction à la Neuro-sémantique », les 3-4-5 juin 2006. Voici mon secret. Vous avez tous éprouvé, à un moment de votre vie, cette difficulté, ces limites, à transmettre l’émerveillement, l’excitation et le plaisir du voyage que vous veniez de faire à vos proches et amis… Les 11-12-13 mars derniers, Robert Dilts nous présentait le séminaire « Outils systémiques pour un monde en transformation », une expérience de transformation que je ne suis pas prête d’oublier ! Du Dilts à son meilleur, Coach avec un grand « C », alternant avec élégance et doigté entre tous les niveaux d’accompagnement, du coach à l’éveilleur. La richesse d’une telle formation c’est qu’elle reprend les grands principes de la PNL, les colore, les approfondit et surtout nous permet d’en trouver le fil conducteur. Robert, en nous accompagnant dans la découverte du lien profond avec le Soi, nous a permis de redécouvrir le lien profond à l’humanité. Flanqué de Bateson et d’Erickson, ses maîtres à penser, Dilts a su nous faire toucher, par son savoir être, au Savoir même des grands « maîtres ». Depuis la pensée plutôt « mécaniste » des premiers pas de la PNL, nous avons pu cheminer plus à fond vers l’essence même de la transformation et du changement. La PNL devient adulte… Au milieu des années ’70, Bandler et Grinder démarraient une approche en s’intéressant particulièrement au « comment » des thérapeutes d’excellence. Il en ressortit des applications puissantes et génératives, qui firent rapidement fureur. À cette époque, on manipulait les techniques comme une baguette magique – la PNL, on la « faisait à d’autres personnes », pour les aider à changer d’état et à guérir. Le pouvoir (croyait-on…) demeurait dans les mains du magicien. Au cours des années 1980, une nouvelle génération de PNListes élargit son domaine d’intervention à plus que la thérapie. On y reconnût des outils particulièrement appropriés aux relations – avec soi-même et avec les autres. Ceci lui conférait une utilité remarquable dans divers domaines, dont la négociation, les ventes, l’enseignement et la santé. De la thérapie, la PNL devint un paradigme de communications et de changement. On ajouta de puissantes techniques, dont les lignes de temps, sous modalités et positions perceptuelles. C’est vers les années 1990 qu’une nouvelle génération de penseurs – parallèlement au passage à d’autres niveaux de conscience de la population – amenèrent la PNL à d’autres niveaux logiques. Les applications devinrent plus systémiques, génératives et pointues, s’adressant à des niveaux plus élevés d’apprentissage, d’interaction et de développement – dont l’identité, la vision et la mission. « Les techniques de 3e génération se fondent sur la notion de « champ » et incluent les principes d’auto-organisation, d’archétypes et de ce que l’on appelle la 4e position, le point de vue du système en son entier. »2 Et c’est justement cette approche, de 3e génération, que Robert nous a fait explorer, vivre et expérimenter jusqu’au plus profond de nous-mêmes, tout au long du week-end. Au cœur de la magie… Comme vous le savez déjà, nous encodons ce que nous percevons après multiples distorsions, transformations, choix et autres. Ce dont je vous parle est donc peut-être faux… ou peut-être pas. Je crois fermement que nous avons touché l’essence de l’accompagnement avec un principe fondamental : « le parrainage ». C’est l’apport – justement – du cœur au sein de la relation. Et bien plus… La connexion à Soi et au « champ » « La distance entre Soi et les autres est la même que la distance entre Soi et Soi… » Il est fondamental de savoir se centrer – connecter à son essence. Se centrer, c’est comme une synesthésie, une position de savoir qui allie la puissance du somatique, du cognitif et du champ. C’est une notion que Robert partage avec son ami de longue date, Stephen Gilligan. Loin d’être statique, ce centre est équilibre et mouvement. Ce n’est pas tant notre capacité à rester centré que notre habileté à revenir à notre centre qui constitue une première habileté dans la magie de l’accompagnement. C’est cette habileté à s’évaluer, à se « sentir », pour savoir si nous sommes en connexion profonde avec notre Centre, le Soi véritable. Et de ce Centre, nous pouvons vraiment nous brancher au « champ », cet espace sacré, propre à la relation (avec l’autre et avec les autres), et à un champ plus grand, une sorte de conscience collective – qui nous permettent de ressentir et de comprendre, de savoir ce qui est vrai. À ce niveau, nous dit Robert, « la vérité est dans le paradoxe : il y a ce qui est Vrai, et son contraire, qui est aussi vrai… » C’est la racine même de la notion de « carte du monde », de perception. Ma réalité est aussi vraie que celle de l’autre, et vice-versa. Et c’est à partir de mon centre que je pourrai vraiment savoir ce qui est vrai… Le parrainage : le regard positif inconditionnel « Lorsqu’une personne est encouragée à être en contact Savoir ce centrer nous confère le pouvoir de « parrainer », d’offrir à l’autre et à soi, un espace sacré où la personne peut être vue, reconnue, tout en étant en sécurité. C’est la notion de regard positif inconditionnel qu’amène Carl Rogers. C’est la capacité de l’accompagnant de devenir le miroir de son client, et dans lequel l’individu peut voir plus clairement son reflet et y trouver l’espace pour réfléchir.4 Dilts souligne que, selon lui, la plus grande qualité de Milton Erickson, c’était sa capacité immense de parrainer. Il accueillait son client dans son entier, ombre et lumière, et sans jugement. Cette notion même de parrainage fait basculer l’accompagnement dans un nouveau paradigme – aux débuts de la PNL, on « faisait » des techniques au client pour le faire changer d’état. Le symptôme, les états de non ressources, devaient être « changés ». Cela tenait presque du parrainage négatif. C’est pour Dilts, la différence fondamentale de la notion de coaching. Bien sûr, il est important pour le psychothérapeute de savoir « parrainer » son client, mais en coaching, il s’agit d’une qualité indispensable et essentielle. Parrainer, c’est accepter l’autre « inconditionnellement » et lui offrir l’espace de tra | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||